Tu as une idée d'activité et tu souhaites te lancer ?
À un moment ou à un autre, tu vas probablement entendre parler du fameux business plan.
On te dira peut-être qu'il faut commencer par rédiger un document de plusieurs dizaines de pages, analyser ton marché, construire des tableaux financiers, prévoir ton chiffre d'affaires sur trois ans, étudier tes concurrents et présenter tout cela avant même d'avoir rencontré ton premier client.
Et c'est précisément à ce moment que certains futurs entrepreneurs abandonnent.
Non pas parce que leur idée est mauvaise.
Mais parce qu'ils pensent que l'entrepreneuriat commence nécessairement par plusieurs semaines de préparation administrative et financière.
Alors, faut-il réellement faire un business plan pour lancer son activité ?
Est-ce obligatoire en France ?
À quoi sert-il réellement ?
Et surtout, peut-il devenir un frein à la concrétisation d'un projet entrepreneurial ?
La réponse mérite d'être nuancée.
Business plan et création d'entreprise : obligation légale, utilité réelle et passage à l'action
Qu'est-ce qu'un business plan exactement ?
Le business plan, également appelé plan d'affaires, est un document qui présente de manière structurée un projet entrepreneurial.
Il permet notamment de présenter :
- le porteur de projet ;
- l'activité envisagée ;
- les produits ou services proposés ;
- les clients ciblés ;
- le marché ;
- les concurrents ;
- la stratégie commerciale ;
- les moyens nécessaires ;
- le modèle économique ;
- les prévisions financières ;
- le cadre juridique ;
- les objectifs de développement.
Bpifrance Création le présente comme un dossier permettant notamment de mesurer la maturité du projet, d'en vérifier le réalisme et la rentabilité et de convaincre des partenaires ou financeurs.
Autrement dit, le business plan répond à une question fondamentale :
« Comment cette idée peut-elle devenir une véritable activité économiquement viable ? »
C'est donc un outil intéressant.
Mais il faut comprendre une chose essentielle :
un business plan n'est pas une entreprise.
Il décrit ton projet.
Il ne trouve pas tes clients à ta place.
Il ne vend pas ton offre.
Il ne remplace pas la prospection.
Il ne garantit pas ton chiffre d'affaires.
Et il ne permet pas de savoir avec certitude ce qui se passera dans six mois.
Est-il obligatoire de faire un business plan pour créer son entreprise en France ?
C'est probablement la question la plus importante.
Dans le cadre général des formalités de création d'une entreprise en France, il n'existe pas de règle générale imposant à tout créateur de rédiger un business plan avant de pouvoir immatriculer son activité.
Les formalités de création dépendent du statut et de l'activité et passent notamment par le Guichet des formalités des entreprises. Pour une entreprise individuelle, par exemple, les documents demandés concernent notamment l'identité, la domiciliation et, lorsque cela s'applique, les justificatifs liés à une activité réglementée. Le business plan ne figure pas parmi les pièces générales listées pour l'immatriculation d'une entreprise individuelle.
Cela signifie concrètement qu'un entrepreneur individuel ou un micro-entrepreneur peut, selon son projet et sa situation, créer son activité sans avoir rédigé un document de 30 ou 50 pages.
Le business plan ne constitue donc pas, de manière générale, une formalité universelle de création d'entreprise.
Mais attention à une nuance importante.
Certaines situations ou certains projets peuvent conduire à devoir produire un business plan ou des éléments financiers détaillés.
Par exemple, les banques et financeurs peuvent demander ce document pour étudier une demande de financement. Bpifrance indique d'ailleurs que le business plan sert notamment à présenter le projet aux financeurs et partenaires.
De même, les pages officielles consacrées à certains projets commerciaux indiquent explicitement la réalisation d'un business plan comme une étape obligatoire du parcours de préparation, notamment pour l'ouverture d'un commerce physique ou d'un restaurant.
Il faut donc éviter deux affirmations trop simplistes :
« Le business plan est toujours obligatoire. »
Faux dans le cadre général de la création.
« Le business plan ne sert à rien puisqu'il n'est pas toujours obligatoire. »
Faux également.
La réalité est beaucoup plus intéressante.
À quoi sert réellement un business plan ?
Le business plan a d'abord une fonction très simple : te forcer à mettre ton projet noir sur blanc.
Tant que ton idée reste dans ta tête, elle peut sembler parfaite.
Tu peux imaginer :
« Je vais vendre mes prestations 500 € par mois. »
Mais lorsque tu commences à chiffrer ton activité, tu dois répondre à d'autres questions.
Combien de clients faut-il ?
Combien d'heures vais-je consacrer à chaque client ?
Quels sont mes frais ?
Quel chiffre d'affaires dois-je réaliser ?
Combien vais-je réellement conserver ?
Combien de clients puis-je gérer simultanément ?
Prenons un exemple.
Tu souhaites devenir consultant indépendant.
Ton objectif est de réaliser 4 000 € de chiffre d'affaires mensuel.
Avec une prestation moyenne de 500 €, il te faut théoriquement :
4 000 ÷ 500 = 8 clients par mois.
Mais imaginons que chaque client représente 10 heures de travail.
Cela représente déjà 80 heures de production.
Il faut ensuite ajouter la prospection, les rendez-vous, les devis, la facturation, l'administration et la communication.
Ton business plan ou ton prévisionnel peut donc te permettre de constater que ton modèle initial doit peut-être évoluer.
Tu pourrais augmenter le prix moyen.
Réduire le temps de production.
Proposer une formule récurrente.
Ou cibler une clientèle différente.
Le chiffre ne sert pas uniquement à convaincre une banque. Il sert d'abord à te convaincre toi-même.
Le business plan permet-il de vérifier la rentabilité ?
C'est l'un de ses principaux intérêts.
Un projet peut être séduisant commercialement mais difficilement rentable.
Imagine une activité de services facturée 30 € de l'heure.
Si tu dois consacrer beaucoup de temps à la préparation, aux déplacements, à la prospection et à l'administration, ton taux horaire réel peut rapidement devenir beaucoup plus faible.
À l'inverse, une prestation à 500 € qui nécessite seulement quelques heures peut offrir une structure économique très différente.
Le business plan permet donc de mettre en relation :
prix + volume de ventes + coûts + temps + chiffre d'affaires + rentabilité.
C'est cette cohérence qui compte.
Mais faut-il forcément rédiger un business plan de 40 pages ?
Non.
Et c'est probablement ici que beaucoup de futurs entrepreneurs se trompent.
Ils pensent qu'un business plan doit nécessairement être un document énorme, complexe et rempli de tableaux financiers.
Bpifrance précise d'ailleurs qu'un plan d'affaires doit rester complet, concis, précis et clair, et indique qu'il ne devrait pas devenir un « pavé » rebutant pour le lecteur.
Pour certains projets, un document très détaillé sera parfaitement justifié.
Pour d'autres, notamment une activité de services indépendante avec peu d'investissements, une version beaucoup plus synthétique peut être suffisante pour commencer à structurer le projet.
L'important n'est pas le nombre de pages.
L'important est la qualité des informations contenues dans le document.
Quand le business plan devient particulièrement important
Plus ton projet nécessite des investissements importants, plus le business plan prend de l'importance.
Imagine deux projets.
Le premier est un freelance qui souhaite vendre des prestations depuis son domicile avec un ordinateur qu'il possède déjà.
Le second veut ouvrir un restaurant nécessitant un local, des travaux, du matériel, des stocks, du personnel et plusieurs dizaines de milliers d'euros de financement.
Les deux entrepreneurs peuvent avoir besoin de réfléchir à leur modèle économique.
Mais leurs besoins de planification ne sont évidemment pas comparables.
Dans le deuxième cas, les prévisions financières, les investissements, la trésorerie et le financement deviennent des éléments déterminants.
Le business plan devient alors un véritable outil de décision et de présentation aux financeurs.
Le business plan peut-il devenir un frein ?
Oui.
Et c'est probablement le point le plus important pour un futur entrepreneur.
Un outil conçu pour aider peut devenir contre-productif lorsqu'il est utilisé au mauvais moment.
Imagine un porteur de projet qui a une idée simple de prestation de services.
Il pourrait commencer par :
- définir sa cible ;
- construire une offre ;
- fixer un prix ;
- trouver quelques prospects ;
- présenter son service ;
- obtenir des retours.
Mais au lieu de cela, il passe deux mois à rédiger un document prévisionnel.
Il prévoit son chiffre d'affaires sur trois ans.
Il imagine ses charges.
Il construit des tableaux.
Il modifie ses hypothèses.
Il recommence.
Et après deux mois :
zéro prospect contacté.
zéro client rencontré.
zéro vente réalisée.
Son projet est extrêmement bien documenté.
Mais il n'a toujours pas été confronté au marché.
C'est là que le business plan peut devenir un piège.
La différence entre préparer et agir
Préparer son lancement est indispensable.
Mais il faut distinguer préparation utile et préparation permanente.
Préparer utilement signifie :
« Je vais identifier mon client. »
« Je vais définir mon offre. »
« Je vais calculer mon prix. »
« Je vais prévoir mes charges. »
« Je vais préparer ma prospection. »
« Je vais commencer à contacter des prospects. »
Préparer indéfiniment signifie :
« Je vais encore améliorer mon business plan avant de commencer. »
Cette deuxième logique peut repousser indéfiniment le moment où ton projet rencontre la réalité.
Le marché doit aussi participer à ton business plan
Un business plan repose nécessairement sur des hypothèses.
Tu peux prévoir 10 clients.
Mais tu ne sais pas encore si tu les obtiendras.
Tu peux prévoir 5 000 € de chiffre d'affaires.
Mais tu ne sais pas encore si ton marché répondra.
Tu peux prévoir 500 € de panier moyen.
Mais tes premiers clients peuvent t'amener à modifier ton offre.
C'est pourquoi ton business plan doit être considéré comme un document évolutif.
Les premières actions commerciales vont te fournir de nouvelles informations.
Un prospect peut te dire :
« Votre offre m'intéresse mais je n'ai pas besoin de cette prestation. »
Un autre :
« Je serais prêt à payer davantage si vous ajoutez ce service. »
Un troisième :
« Ce prix est trop élevé pour mon entreprise. »
Ces réponses sont extrêmement précieuses.
Elles permettent d'améliorer ton modèle.
Un entrepreneur doit donc commencer par un dossier concret
Avant de vouloir construire un business plan extrêmement complexe, il peut être beaucoup plus utile de structurer les éléments opérationnels de ton activité.
Commence par répondre clairement à ces questions :
Que vais-je vendre ?
À qui ?
Quel problème vais-je résoudre ?
Pourquoi cette personne achètera-t-elle chez moi ?
Combien vais-je facturer ?
Comment vais-je trouver mes premiers clients ?
Quels sont mes coûts ?
Combien de clients me faut-il ?
Combien de temps puis-je consacrer à mon activité ?
Tu disposes déjà d'une première base extrêmement utile.
Tu peux ensuite enrichir cette base avec les prévisions financières nécessaires à ton projet.
C'est précisément l'approche de Génération Entrepreneurs
Chez Génération Entrepreneurs, l'objectif n'est pas de pousser les futurs entrepreneurs à accumuler encore davantage de théorie avant d'agir.
L'idée est différente :
partir du projet pour construire des documents concrets et directement exploitables.
Un entrepreneur qui souhaite se lancer a besoin de comprendre son projet.
Mais il a également besoin de documents pour avancer :
- positionnement stratégique ;
- définition du client idéal ;
- offre commerciale ;
- argumentaire commercial ;
- présentation destinée aux prospects ;
- plan d'actions ;
- plan de prospection ;
- supports de communication ;
- outils de suivi des prospects.
Le business plan peut avoir sa place dans cette démarche.
Mais il ne doit pas devenir l'unique document de ton lancement.
Parce qu'une entreprise ne se résume pas à un prévisionnel.
Elle doit trouver des clients.
C'est pourquoi Génération Entrepreneurs privilégie une approche orientée vers le concret : transformer ton projet en outils opérationnels qui peuvent ensuite être utilisés pour commencer à prospecter et à vendre.
Et si ton premier objectif était de trouver un client plutôt que de terminer ton business plan ?
Cette question mérite d'être posée.
Imagine que tu consacres les prochaines semaines uniquement à ton business plan.
À la fin, tu peux disposer d'un excellent document.
Mais si personne n'a vu ton offre, tu ne sais toujours pas comment le marché va réagir.
À l'inverse, si tu construis un dossier entrepreneurial concret et que tu commences rapidement à prospecter, tu peux obtenir des informations réelles.
Tu découvriras :
- quelles offres intéressent les prospects ;
- quelles objections reviennent ;
- quels prix sont acceptés ;
- quels arguments fonctionnent ;
- quels besoins sont réellement prioritaires.
Tu pourras alors ajuster ton projet.
C'est cette boucle entre préparation, action, retour du marché et amélioration qui permet de faire progresser une activité.
Le business plan doit être un outil, pas un objectif
Voilà probablement la meilleure manière de répondre à la question posée dans cet article.
Doit-on faire un business plan pour lancer son activité ?
Si ton projet nécessite un financement, des investissements importants ou la présentation d'un dossier à des partenaires, il peut être indispensable en pratique.
Pour certains projets commerciaux, les informations officielles présentent également le business plan comme une étape obligatoire de préparation.
Pour une activité indépendante simple, notamment lorsqu'il y a peu d'investissements, tu peux en revanche commencer avec une version proportionnée à ton projet et compléter progressivement tes prévisions.
La véritable erreur serait de croire que plus ton business plan est long, plus ton projet est solide.
Ce n'est pas le nombre de pages qui crée une entreprise.
Ce sont la pertinence de l'offre, la réalité du marché, la capacité à trouver des clients, la maîtrise des coûts et la capacité à adapter le projet.
Ne laisse pas le business plan repousser ton lancement
Si tu as une idée d'activité depuis plusieurs mois, ne transforme pas la préparation en nouvelle excuse pour attendre.
Structure ton projet.
Analyse ton marché.
Définis ton client.
Construis ton offre.
Chiffre ton activité.
Prépare ton argumentaire.
Construis ton plan de prospection.
Et surtout :
commence à parler à des prospects.
Ton business plan pourra évoluer.
Ton offre pourra évoluer.
Ton prix pourra évoluer.
Ton positionnement pourra évoluer.
Mais rien ne remplacera les informations obtenues lorsque ton projet rencontre enfin de vrais clients.
C'est précisément la philosophie de Génération Entrepreneurs : t'aider à passer de l'idée aux documents concrets nécessaires pour lancer ton activité, plutôt que de rester bloqué dans une accumulation de théorie.
Si tu veux structurer ton projet et disposer d'une base opérationnelle pour passer à l'action, découvre le Questionnaire Entrepreneurial Premium ainsi que les packs Starter, Premium et Signature.
Ton business plan doit servir ton projet. Il ne doit jamais devenir une raison supplémentaire de repousser le jour où tu vas réellement commencer.
Le meilleur moment pour tester ton idée n'est pas lorsque ton dossier sera parfait.
C'est lorsque tu disposes de suffisamment d'éléments pour faire le premier pas.


